Apprendre la calligraphie arabe

Marwa Mourad Mardi 18 Septembre 2018-13:14:00 Chronique et Analyse

La calligraphie est considérée comme un art, au même titre que le dessin ou la peinture. Plus exactement c’est l’art de dessiner ou d’écrire d’une belle manière, en ornant les caractères de l’écriture. Les calligraphies les plus importantes et les plus connues dans le monde sont la calligraphie chinoise et arabe. Cette dernière sert souvent à donner l’impression d’une écriture imagée.

 

Il existe plusieurs styles d’écriture calligraphique. Les trois plus importantes sont le style Koufique, le Diwani et le Farsi. Le style Koufique (nommé aussi Hiri) est très utilisé en Syrie et en Irak. Il se caractérise par une certaine sobriété et beaucoup de lignes verticales. Le style Diwani, est tout en courbes, idéal pour les rêveurs et les épris de liberté. Le Farsi, style typiquement perse, qui tend vers l’effacement des lettres angulaires pour un effet plus doux.

Pour apprendre la calligraphie arabe, il faut d’abord une grande patience, un véritable désir d’apprentissage et pour le matériel, ce qu’on appelle un «kalam » autrement dit un roseau taillé spécialement en vue de pratiquer la calligraphie et le papier et l’encre spéciale calligraphie (ce matériel se vend dans pratiquement toutes les villes du monde).

Avant toute chose, sachez qu’il y a très peu d’écoles spécialisées dans l’apprentissage de la calligraphie, et celles qui existent sont relativement chères. Or, la calligraphie comme souvent la plupart des arts est avant tout une question de passion, d’assiduité au travail et d’esthétisme. Karim Jaâfar, qui a gagné en France un prix national en calligraphie, en est le parfait exemple puisqu’il est autodidacte.

 

Commencez par apprendre les quelques règles suivantes:

– Il faut dessiner une ligne simple, un trait continu horizontal. Les lettres seront tracées sur la ligne verticale. 
– Ce qu’on nomme « El Chakle » est très importante, elle remplit joliment le dessin.
– La calligraphie c’est aussi des figures géométriques, dont il faut calculer l’emplacement et la taille. 
– Une lettre n’est pas tracée de la même manière selon qu’elle se place au début, au milieu ou à la fin d’un mot. Au début et à la fin, l’extrémité de la lettre tend à s’allonger, alors qu’au milieu elle sera plutôt alourdie. 
– La calligraphie repose plus sur la beauté des lettres que sur le sens, qui n’est d’ailleurs pas toujours compréhensible.

Avant de vous lancer seul, sur l’aventure calligraphique, apprenez à imiter ce qui a déjà été fait. Prenez un modèle et recopiez-le soigneusement. Vous vous ferez ainsi une idée de ce qui existe déjà, de la façon dont on peut harmoniser les lettres entre elles, les lier, les dessiner, séparer les mots. Ensuite, vous pourrez essayer vos propres dessins, en jouant aussi sur les couleurs.

Il existe divers styles d’écriture calligraphique arabe. Les principaux sont:

Le Diwani : d’origine Turque, et ayant connu son summum durant le règne Ottoman, ce style de calligraphie arabe se définit par l’élongation des caractères et son allure ornementale prononcée. 


Le Koufique : anguleux et géométrique ; style utilisé autrefois par les scribes de Koufa pour la copie des Corans. Il a servi aussi à la gravure des inscriptions dans la pierre. Il est encore très employé de nos jours dans la décoration architecturale.


• Le Naskhi : dont les origines remontent au 8e siècle, a gagné en popularité après que le calligraphe notoire Ibn Mouqlah l’eu retravaillée au 10e siècle en une forme plus rythmée. Avec l’arrivée du papier, qui succéda au parchemin, et grâce à Ibn Al-Bawbab qui en fit une calligraphie élégante, ce style gagna ses lettres de noblesse et servit d’écriture principale pour les Corans. Aujourd’hui, il y a plus de Corans copiés en Naskhi que dans toutes les autres écritures arabes réunies. Elle est presque toujours composée de courts traits horizontaux et  verticales d’égale hauteur au-dessus et au-dessous de la ligne médiane. Les courbes sont pleines et profondes, les jambages droits et verticaux. 


Le Riqa : ou « Petite Feuille » dérive du Naskhi et du Thuluth. L’aspect géométrique de ses lettres et particulièrement les fioritures des finales, s’apparente largement à celles du Thuluth, mais elle est bien plus petite et dotée de courbes plus arrondies et ses Alifs ne sont jamais écrits avec des barbelures. Le centre des boucles des lettres est toujours rempli, les lignes horizontales sont très courtes et les ligatures agencées avec densité, les finales étant souvent rattachées aux initiales. C’est de nos jours l’écriture manuscrite la plus employée dans le monde arabe.


• Le Taliq : aussi appelé Farsi, est léger et élégant, comme suspendu ; créé par les calligraphes de la Perse pour les recueils de poésie, il est devenu un des styles prépondérants chez les Persans, les Indiens et les Turcs. 


Le Thuluth : apparue au 7e siècle, est une calligraphie statique et monumentale, surtout utilisée à des fins décoratives dans les manuscrits et les inscriptions. Elle a également servi pour la copie des Corans, surtout pour les têtes de chapitre et les colophons. On la juge comme la plus importante des écritures ornementales.

Quelques autres styles calligraphiques :

Le Maghribi : naguère utilisé dans les pays du Maghreb, en Espagne islamique et au Soudan, il tend, aujourd’hui, à être remplacé par le Naskhi en Afrique du Nord. 
• Le Mohaqqaq : était à l’origine une écriture dont les lettres étaient moins angulaires que le Koufique, avec des ligatures amplement séparées ; l’ensemble était « produit avec méticulosité » comme son nom le signale. Avec la découverte du papier autour de 750, cette calligraphie arabe acquit une certaine rondeur qui la rendit plus facile à tracer et elle devint l’écriture privilégiée des scribes. Modifiée par Ibn Muqlah, elle conserva ses déliés allongés sans trop de pleins ni d’enjolivures accusées sous les lignes. Cela en fit l’écriture privilégiée des Corans de grand format.

 

L’élégance de la calligraphie arabe fascine

L’élégance naturelle de la calligraphie arabe est très forte. Ainsi les graffeurs les plus curieux n’ont pas tardé à l’exploiter sur un mur. Ou encore de la mélanger à un graffiti plus « académique ». Par ailleurs, les origines culturelles des anciennes colonies occidentales et des vagues migratoires qui ont succédé y sont aussi pour quelques chose. Nous sommes très sensibles au Arabic graffiti, et nous nous devions d’en parler ici.

Ainsi, des expériences de tags inspirés de calligraphie arabe sont nés dans la banlieue parisienne. Le pionnier en la matière en France semble être Marko93. En effet,  il a très tôt  montré une maîtrise imparable de cet alphabet. Ainsi, on le retrouve calligrafiant des tags aux lettres latines avec les mêmes formes que celles de l’alphabet arabe. Il a su très tôt dans sa carrière, bien avant ceux qui seront évoqués ci-dessous, produire de grandes compositions murales calligraphiques.

 

 

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